Avec le deuxième livre de la
Thora commence réellement l’histoire du peuple juif. Ainsi le Rav Munk écrit
que « l’histoire du peuple juif commence avec le second livre de
Moïse. »
Moïse, un des personnages les
plus mythiques du monde. Moïse, reconnu comme prophète par les trois religions
monothéistes. Moïse, un des personnages clé de la Bible.
Pour bien comprendre l’histoire
du peuple juif, nous devons savoir qui était Moïse à ses débuts.
Peut-être ne l’avez-vous pas
remarqué mais le texte ne donne pas dans un premier temps le nom des parents de
Moïse. Nous ne saurons leur nom qu’au
chapitre 6, verset 20 ;
Lisons le texte
Exode, chapitre 2 verset 1 et 2
du livre de l’Exode : « Un homme de la maison de Lévi alla et prit
une fille de Lévi. La femme conçut et enfanta un fils. Elle vit qu’il était bon
et elle le cacha pendant trois mois. »
Exode, chapitre 6, verset
20 : « Amram prit sa tante Yokheved pour épouse et elle lui
enfanta Aaron et Moïse ; et les années de la vie d’Amram furent de cent
trente-sept ans. »
On se rend d’abord compte que
Moïse est né d’un inceste entre Amram et sa tante. Heureusement, les textes
nous apprennent qu’une pareille alliance fut interdite postérieurement au Sinaï
(Lévitique, chap. 28, verset 12)
Le Maharal nous indique « que
les noms des parents ne sont pas précisés afin de bien faire valoir que la
naissance de Moïse est un événement historique, prévu de toute éternité dans le
plan providentiel, et nullement lié à tel ou tel nom de famille. »
Pour comprendre pourquoi Moïse
était prophète, nous devons nous arrêter au chapitre 2, verset 16 et 17 de
l’Exode : « Or le prêtre de Midian avait sept filles ;
elles vinrent, puisèrent de l’eau et remplirent les abreuvoirs pour abreuver le
menu bétail de leur père. Les bergers vinrent et les chassèrent. Moïse se leva
et les délivra et il abreuva leur menu bétail. »
Dans le Guide des Egarés (livre
2, chap. 45) Maïmonide nous enseigne les onze degrés de la prophétie. Le
premier degré de la prophétie, pour Maïmonide, existe quand : « un
secours divin accompagne l’individu qui l’encourage pour une action vertueuse
d’une haute importance, de sorte que cet individu trouve en lui-même quelque
chose qui le pousse et qui l’invite à agir. »
Ainsi pour Maïmonide il existe
onze degrés de prophéties :
-
Premier degré : c'est
quand la providence divine accompagne l'individu et le pousse à une action
vertueuse.
-
Deuxième degré : c'est
quand il semble à un individu qu'une inspiration a pénétré en lui et qu'il lui
est survenu une force nouvelle qui le fait parler.
-
Troisième degré : c'est le premier
degré des prophètes qui disent : « La parole de l'Eternel me fut adressée
» ; c'est lorsque le prophète voit une parabole (image, récit symbolique) dans
un songe et que dans ce même songe prophétique, on lui explique le sens de la
parabole.
-
Quatrième degré : c'est
quand le prophète entend dans un songe prophétique des paroles claires et
distinctes, sans voir celui qui les prononce.
-
Cinquième degré :
C'est quand un personnage parle à un prophète dans un songe
-
Sixième degré : c'est
quand un ange parle à un prophète
-
Septième degré : c'est
quand il semble au prophète que dans un songe Dieu lui parle
-
Huitième degré : c'est
lorsque le prophète a une révélation dans une vision et qu'il voit des
paraboles.
-
Neuvième degré : c'est
lorsque le prophète entend des paroles dans une vision
-
Dixième degré : c'est quand dans une
vision, le prophète voit un personnage qui lui parle.
-
Onzième degré : c'est quand dans une
vision le prophète voit un ange qui lui parle.
Maintenant que nous avons compris
que Moïse est un prophète, arrêtons-nous à son mariage. Moïse reste auprès du
prêtre de Midian et épouse une de ses filles :
Chap. 2 V 21 : « Moïse
consentit à demeurer avec l’homme (le prêtre de Midian) ; et
il donna sa fille Tsiporah à Moïse. »
Nos penseurs s’interrogent sur
les motifs qui ont amené le plus grand prophète du Judaïsme à épouser une femme
d’origine païenne, quand bien même celle-ci se convertit au judaïsme.
Bahya nous donne une raison très
simple : « Moïse, pourchassé par Pharaon, se voyant à la merci
des pires calomnies, sentit qu’il bénéficierait du maximum de sécurité dans la
famille d’un pontife midianite. Sa maison était à l’abri des perquisitions,
elle jouissait d’une sorte d’exterritorialité. »
Pour le Maharal : « Moïse
incarnait en sa personne toute la nation d’Israël. Aussi fallait-il que son
épouse fût de souche non-juive, afin qu’elle puisse lui offrir le complément
moral et social compris dans la vocation de la femme en tant qu’aide à ses
côtés. Ainsi grâce à son mariage avec Tsiporah, les autres nations purent avoir
leur part à l’idéal de la foi monothéiste. Mais pour réaliser cet objectif, il
fallait que cette femme fût une convertie, car les convertis ont une force de conviction
supérieure à celle des autres croyants. »
Je crois que les différents
commentaires que nous avons vus dans cette étude doivent aider certaines
franges du peuple juif à s’ouvrir au monde, tout comme l’a fait Moïse.
Chabbat chalom
Eric Gozlan
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