Comme chaque année depuis 10 ans, à
l’initiative de la FJN, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce
dimanche 14 février en mémoire d’Ilan Halimi, torturé à mort pour le gang des
barbares en 2006.
Le lieu de rendez-vous était le boulevard
Voltaire devant l’emplacement de la boutique de téléphonie où travaillait Ilan.
J’ai eu l’honneur d’être invité par la
Fédération Juive Noire à prendre la parole lors cet événement et je souhaite
partager avec vous mes impressions
Malgré un temps maussade, de nombreuses
personnalités sont venues partager l’émotion de la communauté parisienne.
Guershon Nduwa, Président de la Fédération des
Juifs Noirs, s’est exprimé dans un émouvant discours sur les événements
tragiques que la France a subis ces deux dernières années :
"Si,
il y a dix ans, on avait écouté le message du vivre ensemble qui avait suivi la
mort d'Ilan Halimi, il n'y aurait peut-être pas eu les tueries de Mohamed Merah
ou de l'Hyper Casher »
En écoutant Guershon je n’ai pu m’empêcher de
penser : « Quel chemin parcouru ! Voici que le Président de la
Fédération Juive Noire est entouré du porte-parole du mouvement Loubavitch,
d’un rabbin consistorial, de dirigeants du CRIF et du FSJU ».
Cette pensée m’est venue entre autres parce que
la FJN n’a pas attendu dix ans pour honorer la mémoire d’Ilan.
Chaque année,
cette fédération organise un rassemblement unitaire à cet effet. Il est dommage
que pour le dixième anniversaire de l’assassinat d’Ilan certaines institutions
ou organisations aient préféré se démarquer de la FJN pour leur propre
cérémonie.
Mais revenons à ce dimanche 14
février
Après les propos introductifs de Gershon, les
représentants des grandes organisations se sont à leur tour exprimés. Francis
Khalifa, vice-président du CRIF a rappelé que « depuis l’assassinat
d’Ilan, la situation des Français juifs n’a cessé de se dégrader. » Gil
Taieb, Vice-Président du FSJU a quant à lui évoqué que « la jeunesse
ne se laissera pas de nouveau enlever, frapper et éliminer. »
Des personnalités
extérieures à la communauté juive ont aussi partagé cet hommage. Ainsi le Recteur
de la Mosquée de Nîmes Hocine Drouiche est venu spécialement de sa ville pour
prier en souvenir d’Ilan et pour adresser à l’ensemble des communautés un
message de paix.
Le CREFON (Conseil
Représentatif des Français d’Outre-Mer) a déposé une gerbe après avoir rappelé
combien cet assassinat était abject.
J’ai aperçu dans la
foule certaines personnalités qui étaient présentes en tant que simples
citoyens tels que le Président du cercle Léon Blum, le Président de la
communauté de Saint Lazare…
Sans distinction de
couleur politique, les représentants des partis étaient unis en ce triste
anniversaire.
De nombreux artistes
ont voulu à leur façon rendre hommage à Ilan. Daniel Theault a chanté une
composition qu’il a écrite pour l’occasion. Tony Harrison, qui joue le rôle de
Fofana dans le film sur Ilan a récité avec Rachel Kahn une très belle
adaptation d’un passage de « Si c’est un homme » de Primo Lévi.
Après plus de deux
heures d’hommages, le rabbin Tordjmann a récité un psaume et le Kaddish
La cérémonie s’est
terminée par les hymnes nationaux français et israélien et par une distribution
de T-shirt à l’effigie d’Ilan Halimi.
On ne peut
construire un futur sans connaître son passé. Nous avons tous que c’est la
mémoire collective qui fait un peuple.
La FJN et ses
bénévoles nous font grandir car depuis maintenant dix ans, sans aide, avec très
peu de reconnaissance rappelle à la mémoire collective ce qu’a été ce crime.
Je ne peux terminer
ce témoignage sans rendre hommage aux principaux acteurs de cette cérémonie. Je
souhaite bien sûr citer Gershon mais aussi Angélique Dahan, Déborah et tous les
bénévoles de la FJN
Il convient aussi de
remercier toutes les personnalités et les anonymes qui ont bravé le froid pour
cet émouvant hommage.
Que le souvenir
d’Ilan reste à tout jamais gravé dans nos mémoires
Eric
Gozlan
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