Avec la section de cette semaine,
nous faisons plus ample connaissance avec Abraham.
Certains passages de cette
section nous ramènent à l’actualité brûlante de ces dernières semaines :
la crise des migrants économiques.
Dans une première partie,
apprenons à mieux connaître Abraham.
Abraham est « le père des
nations ». D’après la Bible et le Coran, nous sommes tous ses descendants.
Abraham est pour les occidentaux
le père du monothéisme. Au même moment,
plus à l’est, en Inde, s’annonce une autre pensée fondatrice : le « Véda ».
Véda est un mot hérité du vieil indien[] passé ensuite dans la langue
sanscrite, qui peut se traduire par « vision » ou « connaissance ».
Le «Véda» est une puissance agissante. Les indiens de tous les temps
considèrent aussi le Veda comme unique, dynamique, et incréé.
Abraham était-il le premier
monothéiste ? Jacques Attali écrit qu’ « Abraham n’est
probablement pas le premier homme à croire en un Dieu unique. Certains exégètes
bibliques, tels Maïmonide, pensent même que le polythéisme est une
dégénérescence d’un monothéisme fondateur, car Dieu, évidemment, est connu
d’Adam. »
Nous verrons au fil des semaines
qu’Abraham est un symbole d’obéissance à Dieu. Une obéissance fondée non sur la
peur, mais sur l’amour.
Il est intéressant, pour les amoureux
des chiffres, de savoir qu’Abraham est né en l’an 1948 de la création, soit
1812 ans avant notre ère dont l’année 1948 marquera la renaissance d’Israël.
Quel est donc ce rapport entre la
section de cette semaine et les migrants économiques ?
Le chapitre 12 de la Genèse
relate une famine au pays de Canaan : chap. 12, V. 10 :
« Il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Egypte pour y
séjourner, car la famine était sévère dans le pays. » La plus
grave famine de tous les temps, précise la tradition.
A l’heure où l’actualité est
focalisée sur les migrants, il est intéressant de faire un parallèle entre ces
derniers et la section de cette semaine. En effet, beaucoup de migrants qui
arrivent en Europe viennent pour des raisons économiques. Beaucoup de nos
politiques souhaitent les refouler aux
frontières mais la Bible nous donne une autre solution.
Avec la famine, Abram émigre en
Egypte pour manger à sa faim. Il agit suivant la règle de bon sens citée par le
Talmud dans le traité B.K. 60 a : « Lorsqu’une famine sévit,
émigre à un autre lieu, même lorsque celui-ci n’est pas sans danger »
Que devons-nous comprendre de
tout cela ? La réponse est limpide, nous devons aider les migrants qui
viennent car ils n’ont plus rien dans leur pays d’origine, et non pour
s’enrichir comme on l’entend souvent.
Si certains d’entre nous se
demandent pourquoi les migrants ne viennent pas avec leur femme, la Bible nous
donne une explication. Chap. 12, V. 11 à 13 : « Alors qu’il
était sur le point d’entrer en Egypte, il (Abram) dit à Saraï son épouse :
« Voici, je savais que tu es une femme de belle apparence. Il arrivera
que, lorsque les Egyptiens te verront, ils diront : « C’est sa
femme ! » ; alors ils me tueront et te laisseront en vie. Dis,
je t’en prie, que tu es ma sœur, de sorte qu’il me soit fait du bien par égard
pour toi et que je reste en vie grâce à toi. » »
Lorsque nous prenons la peine de
discuter avec les migrants, ces derniers expliquent qu’ils ont laissé leurs
femmes dans les pays d’origine car ils avaient peur qu’elles soient maltraitées
lors de leur périple. Réaction que tout
être sensé peut comprendre.
Nous comprenons par ce texte que
l’éthique juive nous demande d’aider les réfugiés économiques car comme
Abraham, ils ne sont pas partis de chez eux de gaîté de cœur.
Chabbat chalom
Eric Gozlan
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